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Conjoint alcoolique : que faire ?

Bien entendu, cela ne se remarquait pas lorsque vous l'avez connu(e). Il ou elle aimait bien "faire la fête", vous aussi, où est le problème ? Seulement voilà : petit à petit, insidieusement, la fête est devenue une habitude, puis une addiction, les occasions sont devenues des prétextes, qui se sont multipliés. Aujourd'hui, vous vous rendez comptes avec un certain effarement que vous vivez avec un(e) alcoolique. Que pouvez-vous faire pour remédier à cette situation et aider votre conjoint(e) à prendre conscience du problème et à s'en sortir ?

1. Reconnaître le problème

Avant de vouloir faire admettre à l'autre qu'il est alcoolique, commencez par en prendre conscience vous-même. Cette addiction est insidieuse, et d'autant plus difficile à cerner que, contrairement à d'autres substances, la consommation d'alcool est socialement acceptée, voire encouragée. Cessez donc de vous voiler la face. Si votre conjoint(e) :

  • boit seul(e),
  • boit quotidiennement,
  • boit en cachette,
  • a des "trous noirs",
  • ne peut pas arrêter une fois qu'il ou elle a commencé à boire,
  • ne parvient pas à se passer d'alcool,

Ce n'est pas un(e) bon(ne) vivant(e), c'est un(e) alcoolique.

2. Lui en parler calmement

C'est sans doute l'étape la plus difficile à franchir, du moins pour vous. Votre moitié va sûrement contester les faits, en rire ou se mettre en colère. Choisissez le bon moment et le bon endroit pour avoir cette conversation : en privé et lorsqu'il ou elle est à jeun, calme, et que vous avez du temps devant vous. Autre conseil : ne l'accusez pas, ne le/la blâmez pas, évitez les émotions négatives. Expliquez plutôt que sa conduite vous inquiète, que vous vous faites du souci pour lui ou elle, employez le "je" au lieu du "tu".

3. Obtenir sa promesse d'arrêter

Étape suivante et cruciale de la discussion, mais là encore, rien n'est simple. Votre ami(e) peut vous faire de belles promesses pour mettre fin à une discussion conflictuelle, qui le/la met mal à l'aise. Il ou elle peut aussi être parfaitement sincère sur le moment, mais incapable de mettre son plan à exécution. Souvenez-vous que votre moitié ne choisit pas de boire, il ou elle est accro, ce qui complique considérablement les choses...

4. Ne pas "couvrir" sa conduite

L'alcoolisme, comme toute forme d'addiction, est difficile à avouer. Vous pouvez être tenté de cacher ce problème à vos proches, pour éviter la honte ou le jugement des autres, voire chercher des excuses à votre conjoint(e) lors de ses excès. Ce n'est pas lui rendre service. C'est, au contraire, encourager son comportement en lui permettant de rester "incognito". Informer votre entourage des problèmes d’alcool de votre conjoint(e) présente deux avantages : d'autres personnes pourront l'aider, et vous ne serez pas seul(e) à affronter le problème. Et puis, s'il ou elle promet à tout le monde d'arrêter, ses mots auront plus d'impact que s'ils restent entre vous. Dans le même ordre d'idées, n'encouragez pas l'alcoolisme de votre partenaire, en lui donnant de l’argent ou en multipliant les soirées alcoolisées par exemple.

5. Ne pas vous laisser entrainer

Sous prétexte de partage, de fiesta, ou simplement pour ne pas vous sentir seul(e) et désemparé(e), vous pourriez être tenté(e) de boire avec votre partenaire. Surtout, ne tombez pas dans ce piège ! Au mieux, cela n'apportera rien à votre conjoint(e), et au pire vous serez deux à vous enfoncer dans l'addiction. Cela ne veut pas dire que vous devez vous priver d'un verre de vin à table, mais que vous devez absolument éviter de vous soûler en sa compagnie !

6. Vous informer sur les solutions

Votre partenaire n'aura peut-être pas la force - ni l'envie réelle - d'effectuer les démarches pour se faire aider. C'est là que vous pouvez grandement l'épauler : renseignez-vous sur toutes les aides existantes, et présentez-les lui de façon à lui faire comprendre qu'il ou elle n'est pas seul(e) et que des solutions existent. Citons par exemple :

  • Une ligne téléphonique dédiée aux addictions,
  • Les groupes de soutien (les Alcooliques Anonymes étant le plus connu, mais non le seul),
  • Une thérapie (seul ou en groupe),
  • Une aide médicale (à discuter avec le médecin de famille,)
  • Une cure de désintoxication (pour les cas extrêmes)

7. Le/la dissuader d'arrêter brutalement

L'alcoolisme, comme l'addiction aux drogues, provoque de nombreux effets d'accoutumance, et un phénomène de manque qui peut être violent lors du sevrage. Bien entendu, la gravité de ces effets dépend grandement du "degré" d'alcoolisme, mais aussi d'autres facteurs tels que la constitution, le temps depuis lequel l'addiction est installée… etc. Pour éviter des "crises" de manque trop violentes, mieux vaut arrêter progressivement et se faire aider par des personnes compétentes.

8. Lui offrir votre soutien

Cela peut paraître évident, mais cette situation va vous demander beaucoup d'efforts. Tâchez de rester positif(ve), de vous concentrer sur ses efforts et non sur les échecs, de partager au maximum avec votre conjoint(e) ses démarches pour se libérer de l'alcool (aller avec lui/elle aux rendez-vous ou réunions, ne pas boire devant lui/elle, exprimer votre fierté devant son courage et sa détermination...).

9. Vous préserver et ne pas oublier de prendre soin de vous

Certes, c'est votre partenaire qui fait face au problème, mais cette situation a également un réel impact sur votre vie ! Partager l'existence d'un(e) alcoolique, même en passe d'arrêter de boire, est une vraie épreuve, qui peut vous faire passer par des moments de découragement intense, voire vous conduire à la dépression. Sachez prendre soin de vous, entourez-vous (famille, amis, médecin etc.) et ménagez-vous des moments "rien qu'à vous". À moins de viser la canonisation - ce qui est sans garantie aucune, soit dit en passant - vous n'avez pas à sacrifier toute votre existence pour votre partenaire, aussi malheureux et en souffrance soit-il/elle !

10. Savoir quand il faut partir

Impossible de clore ces quelques conseils sans aborder ce douloureux sujet. Si, malgré tous vos efforts, votre conjoint(e) n'arrête pas de boire ; si vous êtes à bout et ne restez avec lui ou elle que par abnégation ; si cette relation devient une menace à votre intégrité physique ou morale : vous devez partir. Tout l'amour du monde ne vaut pas de mourir pour lui...

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