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L’alcool augmente les risques de cancer, même avec modération

Alors que les années 90 étaient porteuses d’un message favorable à la consommation modérée d’alcool, une étude du 21 juillet 2016 du Département de Médecine Préventive et Sociale de l’Université d’Otago en Nouvelle-Zélande vient d’infirmer clairement cette position. En effet, il ressort de celle-ci que l’ingestion d’alcool, même avec modération, est loin d’être bénéfique pour la santé comme on nous l’a longtemps inculqué. Un seul verre par jour suffirait à augmenter sensiblement les risques de cancer dans 7 régions du corps humain : au niveau du pharynx et du larynx, de la bouche, de l’œsophage, du foie, du côlon-rectum et même du sein. Une brochure, basée sur un rapport international de 2007 du Centre International de Lutte contre le Cancer et dédiée au cancer, est venue entériner ce constat en France le même jour. Il y est exposé, de la même manière que dans l’étude néo-zélandaise, qu’il existe un lien tangible entre la consommation d’alcool et les risques de cancer. Le sujet, clairement étayé par des données médicales, ne laisse d’ailleurs aujourd’hui aucune place à une quelconque polémique.

La consommation d’alcool augmente jusqu’à 168 % le risque de cancer

Classé depuis 2007 comme agent cancérogène, l’alcool, consommé régulièrement et même à petites doses, serait responsable de 5,8% des décès dus au cancer dans le monde. Il a même été démontré que l’ingestion d’un seul verre de vin par jour augmente, selon la localisation, de 9% à 168% les risques de contracter un cancer. Ce risque a été identifié comme variable selon le sexe : de 10,8% chez l’homme, il ne serait que de 4,5% chez la femme. Ainsi, il est aujourd’hui indubitable qu’une consommation d’alcool régulière, même à faible dose, augmente le risque de cancer. Cependant, ce n’est pas le type d’alcool consommé qui est en cause, mais la quantité ingérée, selon Paule Martel, directrice de recherche de l’INRA.

Selon Jennie Connor, l’un des principaux auteurs du rapport de 2007 (qui reprend les résultats de plus de 7000 enquêtes scientifiques), ce sont les « données épidémiologiques » qui « peuvent attester que l’alcool provoque des cancers ». D’autres études effectuées après 2007, comme celles de l’OMS ou encore celles du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer, confirment clairement ces résultats. Le rapport de 2007 explique le processus cancérogène en cause : l’alcool est transformé par l’organisme en une molécule cancérigène, l’acétaldéhyde. Après quoi cette dernière deviendrait une sorte de solvant diminuant localement l’imperméabilité des muqueuses aux autres agents cancérogènes comme le tabac par exemple.

Nous sommes donc bien loin de l’encourageant message des années 90 et, si elle n’est pas totalement proscrite par les instituts spécialisés, il apparaît aujourd’hui évident que la consommation d’alcool, à l’instar de celle de tabac, ne doit être qu’exceptionnelle sous peine d’être clairement dangereuse pour la santé.

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