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Comment aider une personne alcoolique à s’en sortir

Depuis des siècles, nos sociétés occidentales ont largement banalisé la consommation d’alcool. Mais entre consommation régulière et alcoolisme, il n’y a souvent qu’un pas. Loin d’être un problème atypique, l’alcoolisme touche un grand nombre de personnes. De simples connaissances à nos proches les plus chers, chacun d’entre nous peut d’ailleurs reconnaître avoir dans son entourage une personne atteinte de cette addiction. Il apparaît ainsi difficile de rester passif face à l’auto-destruction d’un proche « addict ». Malheureusement, aider une personne alcoolique à s’en sortir n’est pas chose aisée. Il faut avant tout prendre conscience qu’on ne peut pas la sauver malgré elle… L’alcoolisme, en tant que maladie, est irrationnel et on ne saurait sauver un proche alcoolique en faisant appel à ses seules capacités de réflexion. Mais bien que le chemin vers la sobriété soit long et parsemé d’embûches, voici quelques conseils qui pourraient vous aider à accompagner une personne alcoolique dans le processus de sevrage.

1. Admettre que le problème est bien réel

L’alcoolisme d’un proche est souvent difficile à reconnaître. Pour beaucoup, il est synonyme de honte et de culpabilité. N’aurais-je pas pu empêcher cela ? Comment ne l’ai-je pas vu basculer ? Telles sont quelques-unes des questions qui taraudent les proches d’une personne alcoolique. La première chose à faire est sans nul doute d’arrêter de se voiler la face : reconnaître l’existence d’un problème, c’est déjà le résoudre. Arrêter de le cacher à l’entourage constituera également un grand pas. Cette démarche permettra aux proches de pouvoir adopter des comportements et discours adéquats.

2. Arrêter de le/la soutenir à mauvais escient

Parer sans cesse à toutes les conséquences de l’alcoolisme d’un proche n’est pas l’aider ! Si vous avez pour habitude de lui apporter un secours financier ou factuel régulier face à ses problèmes de loyers impayés, de garde à vue ou autres conséquences de son alcoolisme, arrêtez dès à présent ! Bien entendu, faire « tampon » entre lui et les conséquences néfastes de son addiction constitue bien une aide, mais une aide immédiate qui n’arrange pas la source de ses problèmes et ne fera en réalité qu’empêcher que votre proche prenne conscience de l’ampleur de son problème.

3. Choisir le bon moment pour lui en parler

Il est essentiel que vous ayez une conversation avec votre proche alcoolique pour lui faire part de vos inquiétudes et lui faire prendre conscience de son problème de boisson. Mais pour que cette incontournable discussion puisse avoir des répercussions concrètes, encore faut-il bien choisir le moment et l’endroit. Il sera bon de lui parler lorsqu’il/elle est sobre et qu’il/elle n’est ni stressé, ni anxieux. Ainsi, la matinée constituera souvent le moment idéal pour avoir toute son attention. De même, il sera préférable de lui parler en privé, dans un endroit calme et neutre.

4. Lui tenir un discours positif

Lorsque vous vous entretiendrez avec lui/elle de son problème de boisson, veillez tant au contenu qu’à la forme de votre discours. Il vous faudra à tout prix éviter de tomber dans le jugement ou les incriminations pour ne pas le/la braquer. Utiliser le « je » lorsque vous lui ferez part de vos constats et inquiétudes réduira également l’effet accusatif tout en lui laissant la possibilité de s’exprimer. Et surtout, faites-lui savoir qu’il/elle n’est pas seul et que vous l’épaulerez dans cette démarche difficile.

5. Le/la faire s’engager à arrêter

Il est important qu’à l’issue de votre entretien vous obteniez de lui/elle l’engagement d’arrêter de boire. Demandez-lui alors une preuve concrète de son engagement : se débarrasser de toutes les bouteilles d’alcool qu’il/elle possède, aller à des réunions des Alcooliques Anonymes… N’hésitez pas à lui montrer que vous lui faites confiance, cela développera sa propre confiance en ses capacités.

6. Rallier les autres proches à sa cause

Que le reste de son entourage proche ait connaissance de son problème d’alcoolisme est nécessaire, mais non suffisant. Ainsi, n’hésitez pas à vous entretenir avec eux, ainsi qu’avec un professionnel (médecin, thérapeute, addictologue), afin d’élaborer ensemble une stratégie d’accompagnement et d’adopter tous le même comportement.

7. Se tenir bien informé

Aussi bien vous-même que les autres proches de la personne alcoolique devrez ne pas omettre de vous tenir bien informés en lisant tout ce que vous pourrez trouver au sujet de l’alcoolisme, ses causes, ses effets, mais aussi sur les moyens d’apporter un soutien constructif. Bien cerner le problème est en effet incontournable pour aider une personne alcoolique à s’en sortir.

8. Lui proposer des solutions

Une fois que vous aurez rassemblé tous les renseignements nécessaires, proposer des solutions concrètes à votre proche pour son sevrage alcoolique, et l’amener à y avoir recours, constituera un grand pas vers sa sobriété. Des réunions des Alcooliques Anonymes aux centres de désintoxications en passant par les thérapies, faites-lui savoir que de nombreuses options d’accompagnement s’offrent à lui/elle et seront à même de l’aider.

9. Lui apporter un soutien constructif

Lorsque votre proche alcoolique se sera engagé dans l’un des programmes de désintoxication, lui apporter votre soutien lui sera d’une grande aide pour réussir à aller au bout de sa démarche. Pour ce faire, vous pourrez lui proposer de l’accompagner aux réunions, ne pas boire devant lui/elle et l’aider à se sevrer. Cependant, ne perdez pas de vue que le processus vers la sobriété est long et demande des efforts continus.

10. Veiller à ce qu’il/elle n’arrête pas l’alcool brutalement

Qu’il/elle décide de ne plus boire une goutte d’alcool est, évidemment, le but final. Cependant, il sera préférable de le/la diriger vers un arrêt progressif de l’alcool. En effet, un arrêt soudain ne pourrait que favoriser ses risques de rechute.

11. Se fier uniquement aux faits

Même si vous lui avez accordé votre confiance, ne croyez pas aveuglément à ses belles promesses et veillez à ce qu’il/elle respecte son engagement dans les faits. L’addict est tellement submergé par sa dépendance qu’il/elle mentira souvent aux autres, comme à lui/elle-même d’ailleurs, pour pouvoir assouvir ses pulsions alcooliques.

12. Ne pas oublier de prendre soin de soi

Soutenir et accompagner une personne alcoolique vers le sevrage est un travail de longue haleine qui peut vous épuiser jusqu’à vous faire plonger vous-même dans la dépression, voire dans une dépendance. Ainsi, n’oubliez pas que pour bien aider un addict, il faut avant tout être soi-même fort et plein de ressources. Si besoin, des réunions pour les proches d’alcooliques et autres thérapies pourront vous y aider.

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